J'arrive !

Un mois sur Skye #4

Non classé
Jan 12th, 2017

Notre tout nouveau projet « Souffle Vital » est sorti le 21 décembre ; soit un mois pile après mon retour en France. J’ai l’impression d’être partie il y a des années ; voire même n’y être jamais allée… comme un rêve auquel on croit jusqu’au réveil et où soudain, tout se floute et dont le souvenir semble insaisissable une fois que l’on est sortit du lit.

Mais si je ferme les yeux, si je me concentre très fort, alors toutes les images reviennent, les émotions, les moments paisibles où je me contentais de regarder par la fenêtre sans me préoccuper du temps qui passe. C’est ce contraste qui me pèse le plus depuis le retour : le temps ne semblait n’avoir d’emprise ni sur mes humeurs ni sur mes activités. Rien n’était pressé, rien n’était infaisable. A présent, je gesticule, cours partout, rate des rendez-vous, n’arrive à gérer aucune de mes deadline auto-imposée. (J’avais pourtant dit : fini l’auto-flagellation…)

Ecrire cet article aujourd’hui tombe à pic. Je peux me remémorer ces instants de lenteur pleinement assumés, appréciés et sans sentiment de culpabilité. Surtout en cette fin d’année où ce retard accumulé, les courriels pour le blog que je n’arrive même plus à lire, les projets qui s’ajoutent à tout cela (une pièce de théâtre, le magazine Souffle Vital…) rendent la gestion de mon temps plus complexe.

Le stress s’envole dès que je pense à ce mois passé sur Skye. Après le départ de nos amis Charlotte et Fred, nous sommes restés à School House, François à dessiner et moi à écrire. Il faut dire que depuis nos fenêtres, nous avions une vue incroyable sur le loch. Les nuages défilaient et les lumières offraient à chaque instant de la journée un spectacle magnifique. Le matin, nous avions souvent de très beaux levers de soleil ; le soir, la nuit une fois tombée et si le ciel était dégagé, les étoiles étaient nos guides ; accompagnées d’un verre de whisky…

Il a beaucoup plu lors de notre deuxième semaine.  Souvent il y avait une éclaircie ensoleillée, mais elle ne durait pas. Et puis, il y eut cette journée où le soleil nous a enchanté et nous en avons profité pour quitter nos postes de travail et marcher aux Cuillins. Le soleil était si fort qu’on avait chaud (mais en fait, il ne faisait pas plus de 10C°…) et les Highlands baignaient dans des nuances de doré, de roux, de brun… entre ombre et lumière.

Je dois avouer que ce bain de soleil nous a fait un bien fou. C’est surement la seule chose qui me manquera, si un jour je venais à m’installer en Ecosse. Pas la chaleur et le soleil brulant. Mais le manque de lumière : à l’aéroport de Marseille, nombreux écriteaux annoncent avec fierté 300 jours ensoleillés par an. En Ecosse, le soleil reste plus timide (bien qu’il puisse être puissant, notre guide à Talisker nous a parlé de cette demi-heure là de soleil où tout le personnel s’est arrêté pour en profiter et dont les ¾ ont fini… rouge écrevisse !). En automne et en hiver, les journées sont très très courtes… Très rapidement, le lever du soleil est passé de 7h30 à 8h30, le coucher de 18h00 à 16h… le soleil rasant l’horizon !

Ce qui était appréciable lors de notre escapade, c’est que nous étions que tous les deux, seuls. Nous n’avons croisé aucun autre randonneur pendant toute la durée de la promenade. On est restés assis, longtemps, à contempler les montagnes, à sentir la chaleur sur notre peau, la brise à peine perceptible, à écouter le bruit de la rivière plus bas.

Mon âme s’est accrochée aux parois de ces montagnes et je ne suis pas certaine de l’avoir ramenée intacte. Une partie y ait restée, et l’appel des Highlands se fait de plus en plus intense. Pour être honnête, entre tous mes rêves et mes projets, au delà même du blog, de l’écriture ou du théâtre ; vivre là-bas est devenu le plus important. Je crois même que tous les autres projets ne sont là à présent que pour me permettre de le concrétiser.

NB : Peut-être le stress m’accapare-t-il encore facilement, mais ma volonté de ralentir la quantité de posts est toujours aussi réelle. Vous n’aurez la suite de mes aventures sur Skye tout de suite… 

Votre Commentaire