J'arrive !

A propos de style et d’identité vestimentaire…

16 avril 2016
Non classé
Avr 16th, 2016

Etes-vous déjà questionné sur ce qui composait votre garde-robe et si chaque élément qui la composait était bien à sa place ? Quelle signification et importance vous leur accordiez ?

Ce sont des questions qui me taraudent depuis peu. Comme j’en parlais dans mon article « Binge-fashion », j’aspire à une garde-robe plus éthique et qualitative que je compte  réduire de plus en plus.

Mon idéal serait de n’avoir qu’une petite garde-robe, composée de très peu de grosses pièces, quelques petits hauts, 2-3 paires de chaussures mais qui peuvent tous fonctionner ensemble et permettre plusieurs styles. Mais ça, c’est encore compliqué à concevoir pour l’accro aux vêtements que je suis depuis des années et qui croule sous des tonnes de robes depuis un long moment déjà. J’essaie tant bien que mal, depuis plusieurs mois déjà, de trier- vendre – donner – l’équivalent de deux gros cartons. Ils me pèsent sur le moral, à trainer chez moi, ils m’encombrent aussi par la place qu’ils prennent dans la pièce, occasionnant un désordre permanent et nuisant à l’esthétique et à propreté de mon appartement sans oublier le très désagréable sentiment de gâchis et de regrets qu’ils engendrent chez moi. Ces mêmes vêtements autrefois tant chéris, adorés, vénérés. Ceux-là même qu’à présent je souhaiterai voir disparaître comme par magie.

Un matin, je me suis réveillée avec l’envie de mettre une robe en particulier, de la marque Mary Magdalene. J’ai perdu beaucoup de temps à savoir comment et avec quoi j’allais la porter. Puis, une fois ma tenue complète, lorsque je l’ai enfilée, ma vision dans le miroir m’a rendue mélancolique. Toute la journée, j’étais empreinte d’une tristesse nostalgique, avec une seule pensée en tête : cette robe, que j’aime tant n’est plus pour moi ; ce style, le classic lolita, longtemps porté, aussi.

Ai-je trop grandi, ce matin-là ? Dans tous les cas, je n’ai eu en tête que des questions qui le laissent croire : suis-je prise au sérieux en m’habillant ainsi ? N’est-ce pas le moment d’être adulte, pour de bon ? Arriverai-je à faire carrière en affichant ce goût démesuré pour des robes de princesse moderne ? Mais surtout, puis-je avoir plusieurs styles, dont l’un est à l’opposé de l’autre ? Puis-je être une princesse enrubannée le matin, une chapette en tweed l’après-midi et une lady des années 30 le soir, tout ça en une journée ? Est-ce compatible ?

J’en ai touché un mot à mon compagnon. Il m’a alors conseillé un drôle de challenge : porter chaque jour une robe et faire ensuite un bilan. Les mots qu’il m’a dit ce jour-là m’ont fait prendre conscience de beaucoup de choses. Déjà, lorsque je lui ai demandé son avis, il m’a simplement répondu « mon opinion ne compte pas ». Et il a raison : ce qui compte, c’est moi. Mon ressenti quand je porte ces vêtements. Est-ce que je me sens bien, jolie, élégante, confortable, à l’aise ? Quant à la question de dualité (voire beaucoup plus dans mon cas) de styles, il s’est exclamé : « ben oui, c’est normal, pourquoi s’en limiter à un seul ? »

J’ai donc décidé de faire ce challenge et de porter, au mois d’avril, toutes les pièces de ma garde-robe où le doute subsistait : est-ce que cette robe est à sa place dans mon placard ? Suis-je bien dedans ?  Le but de ce challenge personnel est de faire le tri, plus dans ma tête que dans mon placard d’ailleurs : vivre telle ce que je suis, au jour le jour, sans chercher à me définir, à faire entrer dans un cadre précis ce que je suis et encore moins coller des étiquettes sur le ou les styles que je porte. Retrouver le plaisir innocent de porter de belles choses, sans se forcer, sans chercher à plaire aux autres ou à coller à des règles prédéfinies. Juste me sentir bien.

Je posterai régulièrement des photos de ces tenues « challenge » sur facebook et je ferai un bilan ici, j’essaiera chaque semaine jusqu’à ce que je fasse le tour de ma garde-robe.

J’espère ainsi épurer et alléger mon armoire et affirmer ce que je suis, spontanément. Le tout pour me permettre à l’avenir de consommer avec raison et logique.

COMMENTS

  • messalyn
    Avr 23rd, 2016 - 6:24

    Comme je comprends cette démarche, cette exigence absolue sur la qualité des choses qui ne peut que rarement s’accorder avec le «  toujours plus ». Ceci dit, avec plus de moyens financiers je tendrais volontiers vers une garde-robe de taille moyenne plutôt que minimaliste, car depuis le temps je suis lassée de toujours choisir le vêtement qui s’accordera le plus avec ceux que j’ai déjà, celui qui correspond le plus  à un besoin pratique mais qui ne coûte pas moins cher qu’un travail d’imaginaire, celui que je vais acheter des mois avant de le porter car je veux remédier à un problème de saison donc récurrent, mais que je ne peux m’offrir qu’en solde… Ainsi je dirais que c’est une chance que tu as eue de pouvoir essayer tellement de vêtements jusque là, parce que la durée c’est bien beau, mais cela n’enlève en rien la valeur des moments que tu as passés avec chacune de ces pièces, même s’ils ont été rares. Sans parler des autres utilisations de nos vêtements : les exposer dans sa chambre, défiler avec, planifier des coordis en cherchant des éléments complémentaires, les dessiner, etc.

    À vrai dire, j’aimerais de temps en temps pouvoir me permettre ce grain de folie supplémentaire, libre de tous ces exercices mentaux dont on est assaillis de nos jours pour la moindre de nos décisions. « Folie à deux », ai-je envie de dire, car celui qui se mouille le plus dans l’affaire c’est bien le créateur qui «  tente quelque chose de différent »  et dont j’ai lu plus d’une fois pour ceux qui partagent leurs coulisses le désarroi de voir ces styles ne pas se vendre alors que tout le monde avait encensé leur originalité. Il n’y a pas que  l’envie d’acquérir de belles choses qui intervient ici,  mais également un manque ressenti de ne pouvoir soutenir davantage de vrais artistes textiles ; le plus désolant étant le cas d’ensembles en plusieurs pièces, inabordables en un seul achat mais trop risqués au détail au vu des quantités produites par ces créatifs qui ont besoin de place dans leurs stocks. Certes, les artisans peuvent se permettent des modèles intemporels qu’ils vont reproduire à vie, mais voilà, les artistes (et je tiens à  la distinction) qui ont la tête pleine d’idées ne peuvent pas raisonner ainsi sous peine de terrible frustration !

    Ceci étant dit, un dressing trop plein m’oppresserait aussi, je pense. Mais quand même, Mary Magdalene ?! J’espère que cette marque passera l’épreuve de ton wardrobe project. D’ailleurs, toi qui aspires à une vie à un rythme non contraint, ça doit te parler, ces pratiques démodées de se changer plusieurs fois dans la journée, comme tu les listes dans cet article ? Encore une fois, s’il n’y avait pas un entretien conséquent derrière, je crois que je tomberais facilement dans ce luxe.

    Ma réponse se trouve clairement à cheval sur tes deux articles mais je trouve qu’à deux ils forment un tout. En tout cas c’est assez intéressant ce que tu écris ces derniers temps, ton blog a pris du poil de la bête. Si tu pouvais couper celui dans la main de ton bonhomme en ce qui concerne le sien, ça serait parfait, héhé ! Un dernier tuyau pour toi, tu devrais finir chacun de tes articles par un «  laché vos koms!! ». Ça manque.

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