J'arrive !

Soyez libre de vivre la vie que vous rêvez !

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Avr 9th, 2016

 

 

"happyness" Scotland, Mull, 2015, Nella Fragola

« happyness » Scotland, Mull, 2015, Nella Fragola

Attablée à ma table préférée, un thé fumant dans la main, comme à chacun de mes rendez-vous quotidiens au salon de thé, j’écoute bien malgré moi la discussion derrière mon épaule entre deux jeunes femmes.  Je suis ici chaque jour pour écrire et non épier les gens, je vous le jure ! Mais aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur mon texte. Quelques bribes de mots ont suffi à me sortir de ma concentration. Ce qui me trouble ici, c’est que je suis arrivée bien avant ces deux jeunes femmes et depuis une demi heure, leur conversation tourne autour d’un même sujet : la critique de l’Autre. L’Autre (oui, avec un grand A) est absent, cela va de soit. L’Autre est en fait plusieurs personnes : tantôt un homme, tantôt une femme. Mais ils ont tous à leurs yeux, le même défaut : ils sont terriblement imparfaits.Me voilà, pendant une heure, à les entendre lister les défauts et les choix de ces Autres. Je suis étonnée d’entendre à quel point les gens peuvent juger, à notre place, de ce qui est bon ou non pour nous.

« Elle ne travaille pas assez. Elle pourrait faire mieux. »
« Il a presque 30 ans et ne sait toujours pas que faire. »
« Non, mais tu te rends compte, elle veut faire ce qu’elle veut mais elle ne comprend pas qu’il faut qu’elle gagne de l’argent. »
« Eh oui il veut faire un boulot qu’il aime, il rêve hein ? »
« Et pourquoi a-t-elle mis cette photo sur la page de son site ? »
« Tu trouves pas qu’elle ne plante en choisissant cette voie ? »
« Je pige pas. Pourquoi choisir sa vie de famille, alors qu’elle avait un poste si incroyable ? »

tea time and writeJe suis épuisée pour elles. N’est-ce pas fatiguant, de lister ainsi tout ce qui ne va pas à nos yeux, dans la vie des autres, alors qu’il est si difficile déjà de gérer sa propre vie ?

Ce qui m’a le plus marquée, au final, c’est que je me suis retrouvée dans l’Autre ; et je n’ai pu qu’imaginer le nombre de personnes qui, lorsque je suis absente, listent mes défauts, critiquent mes choix, fustigent mon mode de vie. Parce que j’ai fait le choix d’une vie bien différente. Parce que je refuse de me retrouver employée, dans un 35h où je ne m’épanouis pas. Que j’aime prendre le temps de vivre, lentement, même si je n’en tire que peu de revenus. Peu d’argent mais tant de temps pour moi, pour la vie, MA vie. Peu d’argent mais une vie pourtant bien riche, bien plus que l’époque où je gagnais le triple d’aujourd’hui. Je suis heureuse de mes choix. Heureuse de n’acheter plus que très rarement des vêtements, mais investir dans la qualité et la durabilité. Fière de continuer chaque jour à m’instruire et avoir l’objectif de le faire jusqu’au soir de ma mort, bien que j’ai dépassée « l’époque de l’université ». Comblée d’aller au restaurant 2 fois par an dans un étoilé plutôt que chaque semaine au bistrot du coin. Epanouie dans le travail que j’effectue au quotidien, pour moi, parce que je le veux, bien que pour le moment peu rémunérateur.

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The X-files I want to believe

J’ai une amie qui a fait un choix de vie bien différent : elle a voulu privilégier le confort financier pour elle et sa famille. Et elle est heureuse, forte, et inspirante. Elle aime son métier et elle le fait bien. D’autres de mes amies, au contraire, rêvent mais se cantonnent à un métro-boulot-dodo barbant, parce que sortir de la lignée sociale est éprouvant et fait peur. Parce qu’elles ont peur des critiques. Peur aussi d’échouer. Peur du manque, dans un monde où l’on surconsomme.

C’est cette même peur qui m’a longtemps paralysée, fait mainte fois reculée. Et aujourd’hui, j’ai fait le grand saut et sans parachute, car réaliser ses rêves c’est prendre tous les risques pour y parvenir, dont le risque d’échouer.

Mais échouer n’est pas grave, c’est juste un obstacle de plus vers la réussite. Mon grand-père me disait « si tu n’échoues pas, alors tu ne réussiras jamais. Car si tu n’échoues jamais, c’est que tu n’essaies même pas. » Et comme Maitre Yoda nous le résume si bien : « Fais ou ne fais pas. Il n’y a pas d’essai ».

Ne nous contentons plus d’essayer. Nous n’avons qu’une vie. Alors vivons là comme nous la rêvons.

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