J'arrive !

Souffle Vital

11 décembre 2016
Non classé
Déc 11th, 2016

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire sur un sujet que je ne traite presque jamais sur mon blog. D’habitude, je parle vêtements, Ecosse, voyages et les posts plus personnels se font rareté ici.

Mais voilà, aujourd’hui, je change de ton et d’esprit.

Mon post s’adresse autant aux femmes qu’aux hommes. Il s’adresse tout particulièrement aux personnes à qui on dit souvent « je ne m’inquiète pas pour toi, je sais que tu es forte ».
A ceux qui le disent : vous ne savez pas, vous ne pouvez pas diminuer, minimiser la douleur, la vulnérabilité d’une personne. Vous ne pouvez pas réduire tout son vécu à quelques mots. Que ce soit une dure enfance, endeuillée par la perte de proches ou entachée par violence (verbale, physique ou sexuelle), une maladie ou un handicap mental… Quand bien même vous le pensez, quand bien cette personne vous semble si forte, vous ne pouvez pas dire ça. Peut-être l’admirez-vous car c’est une battante ou au contraire, vous vous demandez bien ce qui peut causer sa dépression, elle, qui vous semble avoir tout.

Je suis souvent lasse de m’entendre dire : « tu t’en sors bien Nella, tu sais, tu as de la chance dans ton malheur, ça pourrait être pire. Il y a des personnes à ta place, elles sont devenues SDF / junkies / violentes / etc… » Je le sais bien, ça. Mais je n’attribue pas cela à de la chance mais bien à une lutte constante, une lutte pour ma propre survie. Car c’est bien ce dont il s’agit ici. Survivre.

Pendant bien longtemps, pour être honnête, la plus grande partie de ma vie je me suis contentée de survivre. Il n’y a que peu de temps où je « vis ». Le décès de ma mère a été un de mes traumatismes d’enfance mais n’est finalement pas le plus terrible. J’ai été pendant des années maltraitée et abusée sexuellement par un membre de ma famille.

Plongée dans le silence, la culpabilité, la honte pendant plus de 10 ans, je me suis fait traitée d’affabulatrice, « d’attention whore » lorsqu’enfin, toute cette souffrance a pu dépasser mes lèvres. Dans cette avalanche de reproches, ma seule option a été de fuir. Pas seulement ma famille pour qui j’étais devenue cette menteuse – fouteuse de merde, mais aussi la réalité. A peine eu-je le temps d’espérer une justice que la peur m’a submergée et que j’ai décidé de ne pas porter plainte… par peur de représailles, par peur d’être attaquée en diffamation ! Je ne me sentais pas victime mais coupable. Et lorsque je m’entendais dire « tu es forte » j’avais le sentiment qu’on ne prenait pas en compte toutes ces souffrances. Comme si le temps pouvait effacer toutes les blessures et qu’au bout de quelques années, on pouvait tout pardonner.

Il n’en est rien. Une personne qui a vécu quelconque traumatisme (et il y a aucune échelle de valeur et de comparaison entre les souffrances, ne me dites pas « il y a pire… » chaque vécu est personnel, chaque douleur ressentie est importante !) Mais on peut avancer, on peut passer de survivre à vivre. J’ai réussi à surmonter de nombreux obstacles : l’abandon et le rejet, la dépression, l’anorexie… pour enfin être heureuse. J’ai toujours des soucis au quotidien, comme tout le monde et je ne suis pas une super femme avec des pouvoirs magiques… mais je suis aujourd’hui foncièrement heureuse de ce que j’ai et surtout de ce chemin accompli.

Je n’ai pas fait ce trajet seule mais j’ai su attrapé les bonnes mains tendues au bon moment, et jamais je n’ai perdu foi. Il y a encore des jours où ça ne va pas. Les journées passent mais je suis perdue dans le temps, je perds pied avec la réalité et j’ai temps de mal à être juste là, présente (je suis actuellement dans une période trouble où il faut que je me fasse fureur pour continuer à avancer). J’ai l’envie de partager ça. J’ai envie de continuer à grandir et c’est dans ce partage que mon accomplissement sera le plus grand. Dans l’affirmation de ce que je suis, avec mon passé, mon présent et mes rêves d’avenir. Avec mes défauts et mes qualités. Et avec vous.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, je souhaite tendre la main moi-même aux autres. Par les mots, ici sur ce blog. Mais surtout grâce à notre tout nouveau projet avec ma chère Eglantine (une de ces belles mains tendues que j’ai su saisir !) : Souffle Vital. Un anti magazine féminin en ligne, à l’opposé de ceux aux injonctions autoritaires vous ordonnant qui être et comment. Un magazine ouvert aux hommes qui le souhaitent. Ouvert à tous ceux qui souhaitent insuffler cet élan vital dans leur quotidien, à ceux qui veulent vivre et non juste survivre.

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