J'arrive !

Interview: Marilyn Feltz, créatrice parisienne

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Jan 24th, 2017

A peine entrée chez Marilyn Feltz, me voilà « chez moi ». Non pas le chez moi pyjama, mais la version glamour et raffinée, le boudoir rêvé. Le lieu où l’on se prélasse, se détend, admire, contemple l’opulence de la volupté, les beaux tissus et son plus beau reflet dans le miroir, apprêtée des plus belles robes…

La boutique est située dans un passage couvert près du métro Etienne Marcel (châtelet), à Paris. Elle est petite, mais l’on ne s’y sent pas à l’étroit. Elle est sombre, mais tout y paraît lumineux. La devanture en bois à l’enseigne vintage, la tapisserie toilée au mur, l’élégant canapé en velours où s’asseoir… le lieu est cosy et intimiste. Loin du rush et du brouhaha oppressant des grands magasins. Ici, on a tout le temps de prendre son… temps.

Marilyn et Alexis devant leur boutique

 D’ailleurs, j’avais prévu d’y rester « une heure grand-max (clin d’œil à Florence) », le temps de mon interview. J’y passé mon après-midi complète, à parler, essayer des modèles somptueux, et à boire du champagne…  « Ici, les clientes passent la journée dans la boutique, elles ont le temps de faire leurs achats. Elles sont chouchoutées, dorlotées et on a toujours des gâteaux, du thé ou du champagne à offrir ! » Et à aucun moment on ne se sent « obligée » de faire un achat (ce n’est pas l’envie qui me manquait, cet après-midi là, juste le compte en banque…). On se sent accueillie, même si on ne peut finaliser un achat. A mes yeux, c’est précieux, comme sentiment. Je n’ai rien pu acheter ce jour-là (second clin d’œil à Florence, qui s’est offert une superbe blouse, merci pour l’achat par procuration), mais j’achèterai là-bas en premier lieu dès que je le pourrai. Et en priorité, même… 😉

Il faut dire que leurs collections ont l’avantage non seulement d’être des pièces intemporelles pouvant traverser les années, mais aussi d’avoir une traçabilité 100% certifiée, « fait en France », dans de bonnes conditions et dans des tissus d’excellente qualité ! D’ailleurs, deux types de clientes entrent dans leur boutique : celles qui cherchent l’authenticité dès le début, et celles qui cherchent, petit à petit, à consommer autrement, à concevoir l’habit comme une denrée plus « rare » et dans laquelle on peut investir pour « durer dans le temps ».

Marilyn Feltz, c’est non une mais plusieurs histoires d’amour. D’abord, celle de Marilyn et d’Alexis, qui de Berlin à Paris, ont décidé d’aller encore plus loin dans leur histoire : « l’envie de travailler ensemble… et par la création de notre marque. La marque, c’est notre premier bébé ».

 Marilyn a vécu 7 ans à Hollywood et 3 ans à Berlin où elle a rencontré Alexis avant de retourner à Paris. Notre marque est « un mix entre toutes ces différentes villes qu’on l’aime : Berlin, où l’on recycle beaucoup et où le vintage est apprécié ; le glamour d’Hollywood ; et la Haute Couture parisienne ».

Dès le début, « le désir de créer cette petite bulle esthétique et glamour où les vêtements auraient de belles coupes, de belles matières qui restent robustes, est né. On ne suit aucune tendance mais juste nos goûts personnels ».

 Très rapidement après leur retour à Paris de Berlin, ils créent la marque et lancent l’E-Shop, il y a déjà deux ans. La boutique parisienne arrive seulement 3 mois après l’E-Shop.

Tout démarre très vite, et Marilyn est autodidacte ! Elle n’a fait aucune école par le passé, mais « ses expériences passées l’ont aidée. Journaliste rock à Los Angeles, assistante d’un artiste à San Francisco et à Berlin dans l’évènementiel. Il faut savoir tout faire pour lancer une marque. C’est beaucoup de travail ! ». Il n’y a pas d’âge pour apprendre et se lancer, il faut juste être curieux et être très motivé ! Ce couple m’inspire beaucoup.

Ce que j’aime le plus dans leurs vêtements, c’est qu’ils ne sont pas juste beaux. Ils sont confortables. Ils sont faits pour sortir, pour toutes sortes d’évènements : aller au club, à un concert ou dans un restaurant très chic. Ils sont féminins, glamours, réalisés dans de jolies matières mais sont résistants et pratiques ! Courir dans le métro tout en étant élégantes, c’est possible !

D’ailleurs, Marilyn imagine ses modèles d’après ses propres expériences personnelles : « où suis-je allée par le passé ? Et qu’est-ce que j’aurais rêvé porter à cet instant-là ? » Les actrices du vieux Hollywood l’inspirent également beaucoup : Marlène Dietrich, Ava Gardner, Marilyn Monroe…

Elodie Frégé glamour en Marilyn Feltz

Pour les passionné(e)s du vintage, soyez enchantés d’apprendre que la créatrice travaille avec un modéliste de 80 ans qui a travaillé pour Dior… A ses côtés, Marilyn travaille la toile et le patronage de ses futures collections. L’atelier étant à deux pas de la boutique, nous pouvons annoncer avec joie que la main dœuvre est « made in Paris ». Cependant, tout n’est pas 100% made in Paris : en effet, Marilyn et Alexis aiment « rencontrer les petits artisans, aller les chercher à la source. Alexis est de Cambrai et a été à l’école avec les enfants des brodeurs du nord. On se fait mutuellement confiance, et on a beaucoup été aidés et conseillés par des gens talentueux. Nous on souhaite faire perdurer ces savoir-faires, partout ! »

Ils n’hésitent donc pas aussi à « racheter des tissus provenant de grandes marques comme Dior, Dolce Gabana (etc…) dont ils n’ont plus besoin. On travaille aussi avec des tisseurs à Lyon, des brodeurs et des dentelliers du nord. Nos cardigans sont faits dans le sud de la France, de même que la soie qui est tissée là-bas. »

 Certains imprimés sont réalisés à l’étranger, comme Berlin ou Amsterdam. Certains artisanats dépendent en effet de certains pays. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une collection dans du wax africain a été conçue ; « beaucoup de clientes n’auraient jamais imaginé en porter un jour ! On en a fait des petits hauts, des jupes crayons, et ça a plu ! » L’état n’aide pas les artisans « made in France » alors qu’il revendique nos savoir-faires. « Nous, on a pris le parti d’aider tous ces artisans, où qu’ils soient, et de les intégrer dans notre marque afin de les faire vivre ! Quelle chance nous avons, tout prend un sens avec notre marque ».

Il n’y a pour l’instant qu’une seule boutique en France, à Paris. En effet, la marque refuse les boutiques qui veulent la revendre plus cher, car ils souhaitent rester accessible ; mais « nous faisons souvent des pop up stores dans d’autres villes ».

La marque ne suit aucune tendance et aucune mode. Il y a 3 capsules par an, et des mini-capsules tous les 3 mois avec juste quelques pièces limitées (comme cette jupe –lien article nella). Il y des donc des nouveautés régulièrement. Certaines pièces restent indémodables et Marilyn possède donc trois patrons de jupes crayons différents qui plaisent à tous les coups ! « J’aime beaucoup ça, j’en porte souvent ». Huuum, ça tombe très bien, moi aussi 😉 (Tailleur Edith (lien) j’arrive !)

A l’avenir, Marilyn et Alexis aimeraient réaliser des escarpins en cuir vegan ou recyclés. Ils y travaillent actuellement.

C’est le moment rêvé de shopper à prix réduits!

  1. Mimosa skirt size 38, 95€
  2. Black velvet balloon skirt “la parisienne”, 95€
  3. Tatiana dress, 150€
  4. Claudie coat, 389€
  5. Frou Frou Bamboo, 195€

Voir mon article sur la jupe Gigi !

 


Credit photos: Shop: Nella Fragola; others: Marilyn Feltz by Tatiana Gigi with models: Miss Mosh, Gia Genieve

This article was not sponsored by the brand.
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